Je vous propose aujourd’hui un billet un peu technique, qui n’a rien à voir avec la cuisine mais qui répond à quelques interrogations soulevées ça et là concernant la monétisation des blogs. smiley
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Comme le sujet a l’air de passionner les foules, et comme ne rien dire alimente les rumeurs les plus folles, je vais essayer de vous transmettre mes connaissances sur ce sujet.

Juste avant d’attaquer la partie technique pure, je voulais indiquer que je ne traiterai pas de la question de savoir s’il est bien ou pas de gagner de l’argent avec son blog. Je pense que cela regarde chacun en son âme et conscience et je suis très partisan du chacun fait ce qu’il veut chez lui. Moi j’ai mis un an à me décider alors pensez bien que je comprends les pour, les contre et les indécis. Je trouve que tout est respectable dès l’instant que tout est clair! Comme je l’ai déjà expliqué, quand j’ai créé Papilles et Pupilles il y a 3 ans, nous n’étions qu’une poignée de blogs de cuisine et il ne nous serait jamais venu à l’idée que nous puissions gagner quoi que ce soit avec nos blogs.

Les temps ont changé ma bonne dame, tout bouge tellement vite ! C’est passionnant aussi pour cela de bloguer. Comme je ne vis pas d’amour et d’eau fraîche (d’amour si, mais cela ne nourrit pas la tribu Papilles), j’ai évolué petit à petit vers une monétisation de mon blog. Comme vous le savez, j’ai arrêté de travailler il y a quelques années pour pouvoir gérer les problèmes d’allergies des enfants. Maintenant qu’ils ont grandi, que cela s’arrange de ce côté là, je dispose de plus de temps à consacrer à mon blog. L’expérience acquise grâce à lui m’a ouvert de nouvelles voies qui n’ont rien à voir avec mon ancien métier. Depuis mars 2007, j’ai repris une activité professionnelle qui est la suite logique de mon expérience de blogueuse. Je produis du contenu éditorial pour différents sites, j’ai écrit un livre de recettes et qui sait de quoi demain sera fait.

Je trouve justement assez formidable de voir que les nouveaux media du net ouvrent aussi de nouveaux métiers et de nouvelles manières d’organiser sa vie professionnelle, ceci principalement pour nous les femmes, pour qui il n’est pas évident de trouver un équilibre entre vie familiale et vie professionnelle.

Mais revenons aux outils qui permettent de monétiser son blog (Pour ceux que la technique n’intéresse pas, je les renvoie au petit panneau information, que vous trouverez beaucoup plus bas).

Il faut bien distinguer :

  • ce que le blog peut ouvrir comme perspectives parce qu’il apporte une notoriété, une visibilité et des compétences. Car oui, on acquiert des compétences en tenant un blog notamment en matière d’écriture, de photo, de bidouille informatique, de connaissance de la blogosphère etc..
  • et ce que le blog peut directement générer comme ressources : c’est ce qu’on appelle la monétisation du blog

Quels sont donc les moyens de gagner de l’argent avec son blog ?

1 – Les droits d’auteurs : A ma connaissance, il n’y a qu’Overblog qui rémunère les blogueurs en droits d’auteurs en échange, si j’ai bien compris, d’un encart publicitaire sur leurs blogs. Comment cela fonctionne-t-il ? Combien cela rapporte-t-il ? Je n’en ai aucune idée. J’imagine que c’est lié à l’audience du blog mais c’est juste une supposition. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez approfondir la question en lisant leur contrat.

2 – Google Adsense : Ce sont les annonces que vous voyez à peu près partout :

Adsense

C ‘est l’offre de publicité Google. Il suffit de s’inscrire au programme , vous avez ensuite un code html à copier coller dans votre blog à l’endroit où vous souhaitez afficher la publicité et c’est tout !

La rémunération : Je crois que c’est payé au CPC, c’est à dire au coût par clic. Mais c’est assez complexe. En fait je n’ai pas tout capté. Il y a peut être aussi du CPM (coût par mille). N’espérez pas payer le montant de votre caddy.

3 – Blogbang : Blogbang est une régie publicitaire d’un nouveau genre. Elle permet aux blogueurs de choisir les publicités qu’ils souhaitent diffuser sur leurs blogs. Là aussi il suffit de s’inscrire et de copier un code html sur votre blog. Cela se présente comme ça :

Blogbang Blogbang

Vous choisissez le nombre d’annonces que vous souhaitez diffuser. Combien ça rapporte ? Moins que rien chez moi, mais il parait que je suis un cas à part. En fait cela peut me payer chaque mois une adhésion à l’association Face au Monde.

4 – Les régies publicitaires : Ce sont des entreprises qui sont chargées de commercialiser des espaces publicitaires sur les blogs, comme elles le font déjà sur d’autres supports media : journaux, magazines, radio, TV, … Sur Papilles et Pupilles, il y a un espace dédié depuis septembre 2007, le pavé carré qui contient actuellement un encart Google Adsense. C’est le moyen le plus rémunérateur que je connaisse mais ne croyez pas que cela constitue un salaire, même celui de ma baby sitter qui ne vient que quelques heures par mois. Ce n’est pas que je ne voudrais pas, c’est tout simplement qu’il n’y a pas d’annonceurs !

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Effectivement, voyez-vous souvent de la pub pour des marques dans cet encart sur mon blog ? Non, pas très souvent et c’est tout simplement parce que les annonceurs ne trouvent pas les blogs de cuisine passionnants ! Autant les blogs de filles ont une image glamour et drainent de nombreux annonceurs, autant les blogs cuisines, eux, ne séduisent pas, ou du moins pas encore !! En fait je crois qu’ils nous considèrent comme des mémères passionnées par leurs casseroles, appartenant plutôt à la famille Groseille et n’étant pas fashion … C’est un peu vexant en fait. smileyJe vous raconte cela parce que quand j’ai lu dernièrement que les marques paieraient les blogueurs de cuisine pour être citées sur des blogs, cela m’a fait sourire. On est bien loin de la réalité, enfin de MA réalité.

5 – Les billets sponsorisés : C’est une nouvelle forme de publicité qui est apparue dernièrement sur les blogs. Une régie publicitaire vous propose moyennant espèces sonnantes et trébuchantes de rédiger un article sur un produit. Il y en a un sur Papilles et Pupilles, il est . Je trouve qu’à partir du moment où le lecteur est informé, que le produit me plait pour des raisons x ou y, et que je n’en fais pas toutes les semaines, il n’y a pas à crier au loup. (hou hou).

6 – L’affiliation : C’est un système qui vous permet de toucher un pourcentage sur les ventes générées via votre blog. En général il faut mettre des bannières sur votre blog pour relayer une marque. Moi je n’aime pas mettre des bannières, je n’aime pas les trucs qui clignotent. Mais encore une fois, chacun fait ce qu’il veut chez lui.

7 – Les boutiques en ligne : C’est un peu comme de l’affiliation. Vous choisissez des produits qui vous plaisent et s’ils sont vendus via votre e-boutique, vous touchez un pourcentage. Vous pouvez en faire une avec Amazon par exemple (cela me rapporte de quoi acheter quelques livres par an) ou avec zlio.

8 – Concernant les partenariats avec les marques, j’en ai parlé ici, je ne vois pas ce que je peux rajouter de plus. Même si je suis sollicitée de temps et temps, ne croyez pas que les marques me (nous) supplient ! Ne m’ (nous) attribuez pas une importance que nous n’avons pas. Même si les blogs de cuisine ont un certain succès, interrogez votre famille, vos amis, nombreux sont ceux qui pensent encore que les blogs ne sont que des sites d’adolescents montrant leur piercings ! smiley

A ceci il faut ajouter que de plus en plus de blogs connaissent le succès et donc, pour ma part, je reçois plutôt moins de sollicitations qu’avant, et c’est très bien ainsi. Je n’ai pas vocation à avoir des dizaines d’assiettes dépareillés, à stocker des épices ou à revendre des produits d’occasion sur eBay. C’est très flatteur la première fois. Je me suis pris pour la reine du monde mais, je me suis passée la tête sous l’eau froide pour mieux redescendre sur terre. smiley

Il va sans dire, mais je le dis quand même, que je donne mon avis sur les produits que j’accepte de recevoir. En fait ma politique est la suivante, si c’est bon j’en parle en disant que le produit m’a été offert et si je n’aime pas je n’en parle pas. Je ne pense pas que les lecteurs de Papilles et Pupilles soient des lapins crétins ! Point barre !

Et si vous souhaitez aller encore plus loin, il existe même des agences de buzz (vous les trouverez en cherchant sur Google) qui vous proposent de vous envoyer des produits pour que vous en parliez. Moi ce n’est pas mon truc. Je me suis inscrite pour voir ce que c’était et that’s it !

information Le débat actuel déjà en cours sur différents blogs est lié au fait que nous sommes à mon avis en train de vivre une mutation profonde. Aujourd’hui la blogosphère se professionnalise. Tenir un blog de manière régulière représente une vraie charge de travail, des heures passées à rédiger, chercher, réaliser des recettes, photographier, répondre aux mails, je ne me plains pas c’est ma passion mais cela représente beaucoup de temps …. Et donc qui dit professionnalisation dit salaire. Mais clairement, en ce qui me concerne, je ne vis pas de la monétisation de mon blog mais grâce aux piges. Mais je n’aurais jamais pu démarrer en tant que pigiste si Papilles et Pupilles n’avait pas existé.

Le plus important pour moi, c’est l’éthique, la néthique dirait Natacha QS. Les règles du jeu ne doivent pas être floues, obscures, cachées.

C’est donc pourquoi je tenais à préciser à nouveau ma pensée, à la fois pour que chacun puisse bien comprendre mon mode de fonctionnement et à la la fois pour informer sur ces nouvelles pratiques. Me retrouvant parmi les blogueuses les plus anciennes, je pense qu’il est important de transmettre mes connaissances. Je trouve que c’est l’essence même du blogging que de partager des expériences.

En conclusion, le dialogue entre vous et moi, le respect mutuel et la confiance sont primordiaux. Ici, même à travers des recettes, il m’arrive d’exprimer un point de vue, une opinion, une expérience et chacun nourrit le débat via les commentaires. Sans chercher bien loin, le billet sur les noix de lavage indiennes ou celui sur Comment choisir un bon melon ? en sont pour moi de très bon exemples. J’apprends beaucoup des lecteurs de Papilles et Pupilles, j’espère tout simplement que je vous apporte moi aussi des petites choses pour le quotidien, des trucs ou astuces, … car n’oublions pas, un blog de cuisine c’est avant tout le plaisir du partage, c’est même juste ça.

La monétisation des blogs – 1 an après

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Désolée de proposer un article qui intéressera surtout les lecteurs blogueurs mais il m’a semblé important de l’écrire. Il y a un peu plus d’un an, j’avais publié un article qui s’intitulait la monétisation des blogs où j’essayais de résumer un peu le résultat de mes différentes lectures. Je n’ai pas l’impression que les choses aient beaucoup changé depuis, je n’ai en tout cas rien vu/lu de révolutionnaire à ce sujet excepté des prix gravement tirés vers le bas. Pourquoi alors revenir sur ce thème s’il n’y a pas grand chose de neuf ? Tout simplement pour vous dire où j’en suis et ce que j’ai choisi. Je trouve qu’il est important d’être transparent.

Je fais toujours le pari d’essayer de vivre grâce à mon blog. Enfin, je dois reconnaître que pour l’instant c’est encore Mr Papilles qui fait bouillir la majeure partie de la marmite familiale mais j’arrive maintenant à payer un peu peu plus que les vacances. Cela n’était évidemment pas prévu au départ (il y a plus de 4 ans) mais les propositions sont arrivées et j’ai pris le parti de tenter l’aventure. J’imagine que vous vous demandez comment j’arrive à gagner quelques sous avec P&P ? Je vais essayer d’être la plus complète possible dans mes réponses :

1 – Mon blog m’amène du travail sous forme de demandes d’écriture de recettes simples pour le quotidien pour différents sites webs (piges), d’aide pour l’animation de jeux, plus récemment, de demandes de droit à l’image, etc. Les offres sont très variées en fait. Cela représente la majeure partie de mes revenus. Concrètement, cela se passe toujours de la même façon : un mail arrive sur ma boite aux lettres, on s’appelle, on discute sur le projet, on piapiate sur les conditions et zou, on y va ou pas. Il faut savoir que les conditions sont de plus en plus précaires. Je vous encourage d’ailleurs vivement à lire à ce sujet l’excellent article de Carole (Altergusto) sur la vente au rabais des recettes et des photos. On comprend mieux après pourquoi des entreprises telles l’Agence Gamma déposent leur bilan (merci Déborah).

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2 – L’autre partie provient de la monétisation pure de ce blog. J’essaie de la rendre la moins intrusive possible. Qu’ai-je choisi comme solutions ?

  • Depuis janvier 2009 je fais confiance à Auféminin.com pour la commercialisation de l’espace pub de ce blog (le pavé en haut à droite). Il y a d’ailleurs très peu d’annonces depuis le début de l’année, il parait que les temps sont durs. A la signature du contrat, j’ai exclu certains annonceurs type régime ou malbouffe. Quand il n’y a pas d’annonceur, à la place, j’ai un pavé d’annonces Google Adsense. (rapport : quasiment le néant).
  • J’écris aussi de temps en temps des billets sponsorisés. Pour ceux qui ne le sauraient pas, un billet sponsorisé est un billet que l’annonceur vous paie pour écrire. Je lis ça et là beaucoup de choses sur ces articles, comme quoi ils seraient la lie de la monétisation, la honte du blogueur et patati et patata. J’ai pas mal réfléchi sur la question et si j’ai choisi cette solution, c’est parce que je trouve qu’il est plus honnête de faire un billet sponsorisé de temps en temps, identifié comme tel (la mention billet sponsorisé est obligatoire), plutôt que de vous orienter avec des liens vers des sites marchands où je toucherais un pourcentage sur les ventes générées par mon blog, ou de polluer les colonnes de P&P avec des bannières ou des logos divers et variés. Je ne juge pas les gens qui ont choisi des solutions différentes, chacun faisant exactement ce qu’il veut chez lui, je vous explique juste pourquoi moi j’ai choisi depuis quelques mois celle là. Le vrai problème est pour moi quand ils ne sont pas identifiables.

    Comment cela fonctionne ? On me propose de parler de tel ou tel produit ou service et moi j’accepte ou non. Si le produit ou service ne me plait pas, je ne fais pas, je ne suis pas maso. Cela fonctionne à double sens. L’annonceur vous choisit mais vous êtes tout à fait libre d’accepter ou de refuser. J’ai par exemple refusé d’écrire un article pour une marque de chocolat ou pour une de café parce que je n’avais strictement rien à dire.

    Combien cela rapporte : De quelques dizaines d’euros à plusieurs centaines suivant votre notoriété, vos visites et si c’est l’annonceur qui vous choisit ou l’inverse.

  • Je mets également de temps en temps, également au niveau du pavé pub, des vidéos via ebuzzing ou blogbang. Chaque visualisation (quand vous cliquez) rapporte entre 2 et 3 centimes d’euro. (plutôt 2 que 3 d’ailleurs)
  • J’ai une e-boutique Amazon où je fais part le plus régulièrement possible de mes coups de coeurs es livres de cuisine. Quand vous commandez via l’e-boutique je touche 5% des ventes traduits en bons d’achats Amazon.

3 – Et les partenariats ?

Kitchenaid Luminarc

Je n’ai pas de partenariat particulier avec les marques excepté celles indiquées ici, et ce depuis quasiment le début de mon blog. Concernant Luminarc, cela consiste en l’envoi d’un carton de vaisselle dans l’année. Ceci me permet de renouveler mes présentations. KitchenAid m’a prêté un robot lorsque j’ai écrit mon livre sur le pain et j’ai depuis plus d’un an un four en test.

Depuis quelques mois je refuse quasi systématiquement les propositions de partenariats car cela créée bien entendu des obligations (si vous acceptez de recevoir un produit, on s’attend à ce que vous en parliez) et les obligations, concrètement parlant, cela m’enquiquine. Mon blog doit rester un plaisir, c’est pour cela que je l’ai créé et cela reste la règle numéro 1, même si c’est devenu mon job. Je préfère accepter ponctuellement un test produit, une opé marrante (comme pour Vaio où je me suis amusée), de participer à un atelier culinaire (mais là aussi, je choisis), que ce genre de choses. Il est bien évident que comme toujours, et comme tout le monde, je continue d’être curieuse, d’acheter mon épicerie fine, de me promener et de parler GRATUITEMENT des choses qui me plaisent ou ne me plaisent pas d’ailleurs !

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