1/ Bataille autour des infrastructures et protocoles

Après avoir lancé (et fermé) des dizaines de services, les grands de ce monde semblent maintenant bien décidés à étendre plus encore leur présence en s’attaquant aux infrastructures (investissements massifs dans des data-centers) et également aux protocoles. C’est ainsi que Google a cette année proposé un nouveau protocole pour Wave, mais aussi une variante de HTTP (SPDY) et même son propre DNS (Google Public DNS). Ils ont également racheté Gizmo5 (spécialisé dans la VoIP). Et vous pensez que Microsoft, IBM, Amazon et cie vont rester sans rien faire ? Attendez-vous donc à une série d’acquisitions / innovations dans les infrastructures et les protocoles.

2/ Retour en force de la TV

Vous connaissez la télévision ? Mais si enfin, ce gros truc qui traine (ou pas) dans un coin de votre salon. Et bien figurez-vous que ce boitier risque bien de redevenir cool grâce au web et à l’ensemble de services qu’il est possible de porter dessus (cf. La télévision est-elle l’avenir de l’internet ? En partie). Mieux, de nouveaux modèles sont à inventer pour pouvoir tirer partie des spécificités de ces deux supports (votre ordinateur avec son clavier, sa souris… et votre télévision avec son bel écran HD).

Internet dans votre TVInternet dans votre TV

C’est ainsi que l’on va commencer à voir des choses très intéressantes du côté des grandes chaines (MyTF1), des fournisseurs d’accès (Orange Box V.2, Freebox V.6…) et même des services en ligne (avec des contenus 3D). Bref, si la France n’a pas eu la chance d’avoir sa TiVo, les téléspectateurs / internautes risques d’être gâtés en 2010 avec de nouveaux services hybrides très intéressants (web + TV).

3/ Explosion du marché des livres électroniques

Inutile de vous (re)faire l’article sur le Kindle ou sur ces concurrents. Maintenant que la technologie d’encre électronique est au point, reste à trouver les contenus. Car force est de constater qu’il n’y a pas beaucoup de eBooks à télécharger pour le moment (du moins en France), à moins que les choses se débloquent avec l’arrivée de ebooks sponsorisés (donc gratuits), de ebooks open source (voir d’un e-reader en open hardware), de e-readers subventionnés par des marques (au hasard les VPCistes qui en échange y placeraient leur catalogue avec un mécanisme de commande / paiement intégré) ou encore de e-readers compatibles avec Google Books, et tant qu’on y est des marketplaces d’ebooks et mêmes d’applications pour e-readers. Tout reste à faire…

Nook, le grand concurrent du KindleNook, le grand concurrent du Kindle

4/ Grosse bataille autour de l’authentification et de la certification d’identité

Ces derniers temps, l’actualité est très chaude en ce qui concerne les services d’authentification : Facebook, Google, Twitter, Yahoo! et même Mozilla sont en pleine course (cf. Quand la délégation d’authentification devient un enjeu-clé). Ceci ne concerne que l’authentification mais je sens que petit à petit le besoin de certification d’identité va devenir de plus en plus pressant pour les utilisateurs qui veulent s’investir davantage dans une ou plusieurs plateformes sociales (par passion ou pour des raisons pro). À partir de là, qui pourrait être le mieux placé pour fournir un service de certification d’identité ? Les acteurs historiques (Verisign, Certinomis) mais également les solutions de paiement (PayPal, FIA-NET, Google Checkout…). En fait tout est question de confiance : En qui avez-vous le plus confiance pour certifier votre identité ou l’identité de quelqu’un d’autre ? L’astuce sera de fournir un service fiable et facile à mettre en oeuvre (et accessoirement compatible avec les différentes plateformes sociales).

5/ Invasion des terminaux dédiés et objets connectés

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur le danger que représentent les smartphones pour les terminaux nomades (cf. Les smartphones vont-ils tuer les terminaux portables dédiés), il n’empêche que quand je regarde des terminaux comme le Chumby, le Litl ou encore le Intel Ealth Guide, je me dis que la partie est loin d’être gagnée.

Le Health Guide d'IntelLe Health Guide d’Intel

En fait il existe une infinité d’usages de niche pour des objets du quotidien qui pourraient être connectés (cf. WakeMate, Withings, Twoddler…). Le seul problème avec ces terminaux, c’est le raccordement au web : le Wi-Fi est trop contraignant, les abonnements 3G coutent trop chers… Idéalement il faudrait une sorte de WhisperNet comme le propose Aamzon mais ouvert à tout type de terminaux. Là encore, tout reste à faire…

6/ Du multitouch à toutes les sauces

Faire des applications avec des interfaces tactiles multitouch n’est aujourd’hui plus un problème dans la mesure où les technologies sont prêtes. Ou du moins : de gros efforts ont été faits par les grands éditeurs (Microsoft, Adobe, Apple…) pour faciliter la mise en œuvre d’interfaces multitouch. Reste encore à trouver les périphériques. Vous connaissez déjà l’iPhone, nous avons également la table Surface, la souris Magic Mouse, les tablets de chez Wacom

Les nouvelles tablettes tactiles de chez WacomLes nouvelles tablettes tactiles de chez Wacom

En fait quand on y réfléchit bien, il y a encore beaucoup de progrès à faire dans ce domaine, notamment pour ré-équiper les foyers avec des périphériques hybrides comme le concept de 10/GUI. Bien évidemment ce type de périphérique n’est pas pour 2010 (quoique), mais nous allons doucement y venir et j’anticipe de belles innovations pour l’année à venir (périphériques / terminaux, applications, supports promotionnels / évènementiels…).

7/ Des applications en ligne sur votre bureau et des logiciels sur le web

La frontière était déjà très fine entre applications en ligne et logiciels connectés, mais les éditeurs vont pourtant aller encore plus loin avec des applications en ligne capables de se comporter comme des logiciels (grâce aux Application shortcuts de Google Chrome ou aux Client Apps de Silverlight 4 qui permettent de travailler en mode hors ligne et d’avoir accès au disque dur).

Facebook en dehors de votre navigateur avec SilverFace

Mais ça fonctionne aussi dans l’autre sens avec la montée en puissance des Social Desktop Apps qui sont là pour vous faciliter le quotidien et prendre la relève des Seesmic et Tweetdeck (FishBowl, Sobees, Socialite…). Ces services / applications sont là pour défricher le terrain à une nouvelle génération d’applications / services (ha mince je ne sais déjà plus qui est qui…). Bref, le rapprochement entre ces deux monde sera quasi-consommé l’année prochaine.

8/ Plus de sophistication pour les social games

Inutile de revenir sur le succès des social games. Après cette première année fort bien orchestrée pour faire se rencontrer deux mondes (casual games et réseaux sociaux), j’anticipe pour l’année prochaine une sophistication croissante des jeux proposés sur les réseaux sociaux avec des genres nouveaux : MMORPG (Burning Realms), FPS (Paradise Paintball 3D), Beat-them-All (BattlePunk), Tactical-sport RPG (Kick Off)…

BattlePunk, Un Beat-them-All sur FacebookBattlePunk, Un Beat-them-All sur Facebook

En fait il n’y a pas réellement de limite à la sophistication des jeux présents sur les réseaux sociaux, du moment qu’ils tournent sur un plug-in supporté par la plateforme (Flash, Unity3D…). Et avec un peu de chance, si le succès est au rendez-vous, les meilleurs jeux peuvent même exister en dehors de ces réseaux (à l’image de Farmville qui est maintenant dispo sur Farmville.com).

9 / Une seconde vie pour les jeux 16 bits

Je ne vous ferai pas l’affront de vous demander si vous connaissez des jeux comme Pac Man, Asteroids, Battlezone, Golden Axe, Dragon’s Lair… Et bien figurez-vous que ces jeux ne sont pas morts, bien au contraire, ils sont en train de connaitre une seconde jeunesse sur le web (Atari Arcade, Sega Mega Drive Classics) et sur iPhone (Dragon’s Lair, PacMan…). Vous pourriez me dire que le plaisir de jeu n’est pas tout à fait intact car c’est tout de même beaucoup moins fun de jouer sur son ordinateur avec son clavier. Mais pas de problème, car figurez-vous qu’ils ont pensé à tout avec notamment la fourniture d’un Joypad pour les abonnés pemium :

La manette USB dont j'ai toujours revéeLa manette USB dont j’ai toujours rêvée

Avec près de 20 ans de patrimoine vidéo-ludique, il y a largement de quoi attirer les nostalgique et leur soutirer quelques euros.

10/ Vers des Social Serious Games

Les serious games sont partout : sur Facebook, sur votre mobile, dans votre entreprise… Il faut dire que la proposition de valeur est plutôt intéressante : “Une simulation ludique dans laquelle le joueur / collaborateur va être invité à s’immerger pour résoudre une problématique complexe et / ou liée au monde de l’entreprise“. À partir de là, pourquoi ne pas importer dans l’entreprise les recettes qui fonctionnent chez le grand public : des social games sur votre réseau social interne adaptés aux challenges ou problématiques spécifiques à votre entreprise, des social serious games. L’idée vous parait stupide ? Réfléchissez-y à deux fois car ce type de jeux peut tout à fait remplir deux objectifs : faire passer un message (en fonction de la thématique du jeux et de la situation dans laquelle il place les collaborateurs) et stimuler les connections au réseau social interne (au travers de défis, d’un tableau des scores, de storytelling…).

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