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Doux euphémisme que celui de Bertrand Gié, directeur délégué des nouveaux médias pour Lefigaro.fr, rencontré le 3 décembre aux Ateliers de la presse. « La technologie, les journalistes coûtent cher. Il faut se montrer très inventif pour ne pas perdre d’argent » , précise-t-il. Si aujourd’hui Le Figaro est « largement rentable » sur le net, ce n’est certainement pas grâce à la pub sur ses différents sites éditoriaux (lefigaro.fr, mais aussi Sport24.com, TVmag.com ou evene.fr). En fait, celle-ci leur permet tout juste d’atteindre l’équilibre financier…

Non, la vraie source de revenus provient des autres sites (marchands) de la galaxie Le Figaro :

– sites de petites annonces comme Explorimmo.com, cadremploi.fr, cadresonline.com, keljob.com

– sites d’e-commerce comme ticketac.com (billets de spectacles), bazarchic.com (vêtements), ou meteocusult.fr (services météo)


Lefigaro.fr emploie 600 salariés aujourd’hui (sur 2.000 pour le groupe) contre 80 en 2005 pour le même périmètre groupe.
Les différents sites du Figaro c’est : « 12 millions de visiteurs uniques en moyenne par mois soit un internaute sur trois » d’après Bertrand Gié, dont 6 à 7 millions pour les sites « éditoriaux » (lafigaro, Figaroscope, TVMag etc…).

Réunies, les activités numériques génèrent environ 100 millions de chiffre d’affaires par an, soit 18% du chiffre d’affaires du groupe Figaro en 2008. Chiffre réalisé pour 60% dans les petites annonces.

« En 2009 on arrive à ne pas perdre d’argent sur les sites éditoriaux, c’est déjà un premier pari réussi, se félicite Bertrand Gié. Dans l’état actuel des choses ce sera compliqué d’en faire un relais de croissance pour le groupe, donc on envisage d’éditer des services payants pour ouvrir de nouvelles sources de revenus. »

Vous pouvez visionner son interview ici…

(3:00)



Peu avant d’interviewer Bertrand Gié, j’assistais à une passionnante conférence des Ateliers de la Presse intitulée Quels modèles économiques pour le futur? qui mérite d’être relatée ici…

Nous avions là sept représentants du monde de l’édition numérique (dont notre Bertrand), décontractés, pas stressés le moins du monde par la crise -du moins en façade. Ils étaient là pour nous démontrer qu’un modèle économique est possible (et accessoirement faire leur auto-promo devant un parterre de partenaires potentiels):
– Daniel Dussausaye, directeur de la rédaction de Presseedition.fr
– Hervé Pointillard, DG du groupe Cap Horn Editions qui édite Sportweek
– François Robin, DGA de l’Agefi
– Patrick Robin, président de 24h00.fr
– Paul-Hervé Vintrou, président de Media Consulting Group (conseil en stratégie, surtout en TV)
– Pierre Haski, DG de Rue89

Histoire de nous mettre en condition, le consultant Paul Hervé Vintrou nous parle chiffres :
60% des Français ont désormais accès à internet haut débit et 80% possèdent un teléphone mobile, tandis que les 15-24 ans ont 30% de contact en moins avec les médias traditionnels et se rabattent d’autant sur les deux premiers (internet et mobile), CQFD. D’autre part, pour 50% de la population, il ne reste à la fin du mois que 240 euros en poche pour les loisirs (dans loisirs, je suppose qu’il classe l’info). Un contexte pas vraiment idéal pour les éditeurs de presse qui se sont tous lancés à grand frais sur internet, d’autant que le web ne représente encore que 6% de l’investissement publicitaire total et que les tarifs sont en chute libre. La poisse, en gros.

Pierre Haski, toujours très à l’aise dans ce type d’exercice (on peut le revoir ici à la conf du Celsa), décline ensuite son propre modèle, pas vraiment concluant pour le moment : « On ne gagne pas d’argent mais contrairement à beaucoup d’autres on n’en est pas loin » , se rassure-t-il. Rue89 c’est seulement 50% de chiffre d’affaires en pub et « un nombre colossal de lignes de recettes » provenant entre autres d’une web-agency, de formation continue (25% du chiffre l’an prochain), et de « services » en veux-tu-en voilà.

« On expérimente tous les mêmes choses : réservations d’hôtel, recherche d’emploi, sites de rencontres, voitures d’occasion etc. »

Rue89, certainement l’un des médias français les plus innovants en la matière, mérite qu’on s’y attarde pour comprendre ce qui marche ou pas sur le net. Ainsi, l’idée de proposer un paiement volontaire (envoi d’un SMS surtaxé) à la fin des articles a été un bide, admet Pierre Haski. En revanche, le mur de micro-pubs (de 15 à 360 euros) lancé au printemps semble se tailler un beau succès. « Tout le monde peut avoir son quart d’heure de gloire et se faire sa promo, comme le site capote.com » remarque Haski. Fallait y penser: « On a ouvert une porte alors que tout semblait bouché, et ça marche! Du coup on le propose à nos clients.«

Il détaille ici l’offre de formation de Rue89…




C’est au tour de Patrick Robin de décliner le modèle de son « portail féminin spécialisé dans le shopping en ligne », 24h00.fr.

Je viens de faire un tour sur ce site. Bon. En gros, vous prenez un magazine féminin de base comme Elle. Vous déchirez toutes les pages un peu trop reportage, un peu trop interview, vous mettez tout ce qui reste (pages conso, beauté, mode et pubs) sur le net, mixez avec ventesprivées.fr et vous obtenez 24h00. On peut appeler cela l’info du futur, je me contenterai de saluer un système innovant de vente en ligne : 24h00 vient de lancer un magazine papier (si si) qui fonctionnera main dans la main avec le site internet. En plus de la pub dans le journal, on attire la lectrice (appelée « e-shoppeuse ») vers le site marchand : seconde couche de revenus.

Je laisse à l’intéressé le soin d’expliquer son affaire, à mon avis assez éloignée du journalisme (mais je ne suis qu’un dodo après tout)…
C’est au tour Francois Robin (où ais-je bien pu déjà le croiser lui?) de nous conter l’incroyable histoire de L’Agefi en 2005. Ce quotidien financier centenaire (propriété du groupe Artemis, donc de la famille Pinault, qui possède entre autres l’hebdo le Point) poussiéreux et déficitaire chronique s’est métamorphosé en un concept de presse mêlant hebdo papier, site web et infos en « push » sur Blackberry. Qui, et c’est bien là l’important, plaît aux banquiers (ses lecteurs… et annonceurs).
Au point que cette petite boîte de 80 salariés (50 journalistes) est revenue aux bénéfices, tout au moins en 2007 et 2008. Elle le fait de de façon assez traditionnelle ma foi: avec de la publicité (30% du chiffre d’affaires) et des abonnements (70%).

Seul hic, le François est assez avare en chiffres. Allez savoir si son « modèle » n’a pas quand même un peu morflé en 2009…
Source : lavoixdudodo.info
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Dans un contexte de crise, l’un des moyens d’amener les consommateurs à acquérir des biens coûteux comme les bijoux est de leur passer la main : Individjewel leur propose ainsi de créer eux-mêmes leur bracelet sur son site.

Pour encourager les consommateurs à acheter des produits et objets coûteux, il est nécessaire de passer par la personnalisation. C’est en tout cas le credo d’Individjewel : la compagnie propose aux internautes de réaliser eux-mêmes le collier ou bracelet de leur choix. A distance, puisque l’ensemble du processus s’effectue sur le site. Celui-ci met à disposition des utilisateurs un tutorial permettant de mettre au point son bijou en suivant des étapes bien précises. Un cadre est d’abord proposé, qui comprend une barre affichant des unités de mesure.

Suivre un tutorial à la lettre

Cela afin de permettre à l’utilisateur de choisir et connaître la taille de son bijou. En bas de l’écran, le site affiche la palette des pierres, chaînes et pendentifs utilisables pour réaliser son collier. Neuf sections sont proposées. A chaque fois qu’un élément est sélectionné, son prix s’affiche dans un encart dédié et s’additionne aux autres précédemment cliqués. Une fois l’ébauche du bijou réalisée, l’internaute valide le modèle.

Le choix du packaging

Celui-ci est ensuite réalisé par les équipes du site. Individjewel, britannique, précise que les colliers et bracelets sont confectionnés dans son réseau de boutiques nationales, ce qui garantit une livraison rapide. Toujours dans la veine de la personnalisation, il est aussi possible de choisir la boîte dans laquelle le bijou sera envoyé, ainsi que sa couleur et sa matière. Les chaînes sont proposées soit en or 9 carats, soit en argent. Côté prix, il faut compter au moins 150 euros pour créer et se faire livrer un bracelet.