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Doux euphémisme que celui de Bertrand Gié, directeur délégué des nouveaux médias pour Lefigaro.fr, rencontré le 3 décembre aux Ateliers de la presse. « La technologie, les journalistes coûtent cher. Il faut se montrer très inventif pour ne pas perdre d’argent » , précise-t-il. Si aujourd’hui Le Figaro est « largement rentable » sur le net, ce n’est certainement pas grâce à la pub sur ses différents sites éditoriaux (lefigaro.fr, mais aussi Sport24.com, TVmag.com ou evene.fr). En fait, celle-ci leur permet tout juste d’atteindre l’équilibre financier…

Non, la vraie source de revenus provient des autres sites (marchands) de la galaxie Le Figaro :

– sites de petites annonces comme Explorimmo.com, cadremploi.fr, cadresonline.com, keljob.com

– sites d’e-commerce comme ticketac.com (billets de spectacles), bazarchic.com (vêtements), ou meteocusult.fr (services météo)


Lefigaro.fr emploie 600 salariés aujourd’hui (sur 2.000 pour le groupe) contre 80 en 2005 pour le même périmètre groupe.
Les différents sites du Figaro c’est : « 12 millions de visiteurs uniques en moyenne par mois soit un internaute sur trois » d’après Bertrand Gié, dont 6 à 7 millions pour les sites « éditoriaux » (lafigaro, Figaroscope, TVMag etc…).

Réunies, les activités numériques génèrent environ 100 millions de chiffre d’affaires par an, soit 18% du chiffre d’affaires du groupe Figaro en 2008. Chiffre réalisé pour 60% dans les petites annonces.

« En 2009 on arrive à ne pas perdre d’argent sur les sites éditoriaux, c’est déjà un premier pari réussi, se félicite Bertrand Gié. Dans l’état actuel des choses ce sera compliqué d’en faire un relais de croissance pour le groupe, donc on envisage d’éditer des services payants pour ouvrir de nouvelles sources de revenus. »

Vous pouvez visionner son interview ici…

(3:00)



Peu avant d’interviewer Bertrand Gié, j’assistais à une passionnante conférence des Ateliers de la Presse intitulée Quels modèles économiques pour le futur? qui mérite d’être relatée ici…

Nous avions là sept représentants du monde de l’édition numérique (dont notre Bertrand), décontractés, pas stressés le moins du monde par la crise -du moins en façade. Ils étaient là pour nous démontrer qu’un modèle économique est possible (et accessoirement faire leur auto-promo devant un parterre de partenaires potentiels):
– Daniel Dussausaye, directeur de la rédaction de Presseedition.fr
– Hervé Pointillard, DG du groupe Cap Horn Editions qui édite Sportweek
– François Robin, DGA de l’Agefi
– Patrick Robin, président de 24h00.fr
– Paul-Hervé Vintrou, président de Media Consulting Group (conseil en stratégie, surtout en TV)
– Pierre Haski, DG de Rue89

Histoire de nous mettre en condition, le consultant Paul Hervé Vintrou nous parle chiffres :
60% des Français ont désormais accès à internet haut débit et 80% possèdent un teléphone mobile, tandis que les 15-24 ans ont 30% de contact en moins avec les médias traditionnels et se rabattent d’autant sur les deux premiers (internet et mobile), CQFD. D’autre part, pour 50% de la population, il ne reste à la fin du mois que 240 euros en poche pour les loisirs (dans loisirs, je suppose qu’il classe l’info). Un contexte pas vraiment idéal pour les éditeurs de presse qui se sont tous lancés à grand frais sur internet, d’autant que le web ne représente encore que 6% de l’investissement publicitaire total et que les tarifs sont en chute libre. La poisse, en gros.

Pierre Haski, toujours très à l’aise dans ce type d’exercice (on peut le revoir ici à la conf du Celsa), décline ensuite son propre modèle, pas vraiment concluant pour le moment : « On ne gagne pas d’argent mais contrairement à beaucoup d’autres on n’en est pas loin » , se rassure-t-il. Rue89 c’est seulement 50% de chiffre d’affaires en pub et « un nombre colossal de lignes de recettes » provenant entre autres d’une web-agency, de formation continue (25% du chiffre l’an prochain), et de « services » en veux-tu-en voilà.

« On expérimente tous les mêmes choses : réservations d’hôtel, recherche d’emploi, sites de rencontres, voitures d’occasion etc. »

Rue89, certainement l’un des médias français les plus innovants en la matière, mérite qu’on s’y attarde pour comprendre ce qui marche ou pas sur le net. Ainsi, l’idée de proposer un paiement volontaire (envoi d’un SMS surtaxé) à la fin des articles a été un bide, admet Pierre Haski. En revanche, le mur de micro-pubs (de 15 à 360 euros) lancé au printemps semble se tailler un beau succès. « Tout le monde peut avoir son quart d’heure de gloire et se faire sa promo, comme le site capote.com » remarque Haski. Fallait y penser: « On a ouvert une porte alors que tout semblait bouché, et ça marche! Du coup on le propose à nos clients.«

Il détaille ici l’offre de formation de Rue89…




C’est au tour de Patrick Robin de décliner le modèle de son « portail féminin spécialisé dans le shopping en ligne », 24h00.fr.

Je viens de faire un tour sur ce site. Bon. En gros, vous prenez un magazine féminin de base comme Elle. Vous déchirez toutes les pages un peu trop reportage, un peu trop interview, vous mettez tout ce qui reste (pages conso, beauté, mode et pubs) sur le net, mixez avec ventesprivées.fr et vous obtenez 24h00. On peut appeler cela l’info du futur, je me contenterai de saluer un système innovant de vente en ligne : 24h00 vient de lancer un magazine papier (si si) qui fonctionnera main dans la main avec le site internet. En plus de la pub dans le journal, on attire la lectrice (appelée « e-shoppeuse ») vers le site marchand : seconde couche de revenus.

Je laisse à l’intéressé le soin d’expliquer son affaire, à mon avis assez éloignée du journalisme (mais je ne suis qu’un dodo après tout)…
C’est au tour Francois Robin (où ais-je bien pu déjà le croiser lui?) de nous conter l’incroyable histoire de L’Agefi en 2005. Ce quotidien financier centenaire (propriété du groupe Artemis, donc de la famille Pinault, qui possède entre autres l’hebdo le Point) poussiéreux et déficitaire chronique s’est métamorphosé en un concept de presse mêlant hebdo papier, site web et infos en « push » sur Blackberry. Qui, et c’est bien là l’important, plaît aux banquiers (ses lecteurs… et annonceurs).
Au point que cette petite boîte de 80 salariés (50 journalistes) est revenue aux bénéfices, tout au moins en 2007 et 2008. Elle le fait de de façon assez traditionnelle ma foi: avec de la publicité (30% du chiffre d’affaires) et des abonnements (70%).

Seul hic, le François est assez avare en chiffres. Allez savoir si son « modèle » n’a pas quand même un peu morflé en 2009…
Source : lavoixdudodo.info
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Je suis tombé sur cette vidéo aujourd’hui, alors que je me pose en ce moment la question d’une démonstration concrète et parlante de l’intérêt des médias sociaux pour certaines formes de business… Autant vous dire que ces images, chiffres et statistiques ont résonné fortement quand je les ai vu:

ROI donc, “Return On Investment”: le mot magique qui fleurit dans toutes les présentations d’agences pour vanter l’efficacité des social médias (ou d’autre chose…). Moi-même, je m’en sers souvent… Mais est-ce vraiment le meilleur Ratio pour parler des Social Media? Le plus complet ? Le plus avantageux ? Personnellement, je ne pense pas…

Pourtant, si l’on en croit cette vidéo, le ROI est un trés bon ration pour justifier les Social Media et leur improtance. Certains exemples, que vous connaissez d’ailleurs peut-être, sont assez parlant, reprenons les ensemble:

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Gary Vaynerchuk, qui en quelques années, et principalement grâce à son activité Web (social mais aussi de contenu, ne l’oublions pas) a multiplié son CA par plus de 10 !
Nul doute que son EBIT à du suivre un chemin similaire, et même peut être plus, puisqu’il est sorti d’une logique “Brick & Mortar” fortement consommatrice en cash, pour une approche “Share & Mortar” (simili “click & mortar”, car adoptant une logique de vente en ligne, sans être basé sur une structure “e-commerce” importante, voir ici pour le click & mortar) beaucoup plus légère et flexible.

Pour preuve notamment, le comparatif “billboard/e-mailing/twitter” qui caractérise bien les différences d’approche entre “Brick & Mortar/Click & Mortar/Share & Mortar”. De ce coté de l’atlantique, on pourrait citer P. Cassard comme trés bon exemple de “Share & Mortar”.

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L’honnêteté économique cependant, devrait nous obliger à comparer ce qui est comparable dans ce cas, puisque même si Twitter ne coute rien à l’entreprise, le temps consacré en terme de “Ressources” est lui couteux à l’entreprise… Mais reste certainement en deça des coûts représenté par les autres campagnes.

Et même si certaines assertions dans la présentations (notamment celle comparant les ventes d’entreprises trés ou trés peu engagées dans le Social Media) restent difficilement vérifiable (qui sont ces entreprises, quel périmètre d’analyse, quelle durée…?), certains autres me marque fortement.

Prenons les cas de Lenovo ou Burger King notamment: d’un point de vue purement mathématique, il semble certain que leur ROI a évolué. Pourtant, cela ne suit pas forcément la logique “populaire”, dans le sens ou ce n’est pas le profit qui a augmenté, mais l’investissement, qui a réduit. Le résultat restant le même: le ROI s’améliore, puisque j’investis moins pour un profit à priori au moins aussi bon.

D’autres exemples, comme Dell, peuvent laisser songeur en terme de ROI. Effectivement, il doit être pratique pour le CEO de Twitter de pavaner en réunion VC’s et dire: “Dell à fait 3M$ de CA sur Twitter”. Paf ! Là je parie que certains VC’s peut réveillé on du élaborer un BizModel à base de commission sur vente et se dire: “ça va finalement payer ce truc en 140 caractères!”.

Sauf que d’autres VC’s moins embrumé ont certainement eu la même réaction que moi: est-ce du “On Top” ?

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Si “Oui”, alors “Yallah”!!!
Mais je gage que non. Twitter est devenu un channel parmis d’autres pour une clientèle déja pré-existante, comme le e-shop peut l’être pour Fnac.com. Juste un “outlet” de plus. Et qui, ne possédant pas un volume de distribution si important que ça pour Dell, ne peut permettre de réduire la voilure sur d’autres canaux de distribution… Donc le ROI global de Dell n’a du sentir qu’un gazouillis par Twitter. Mais je veux bien croire que le ROI de la business unit “Twitter” par contre soit excellent…! Quoique: vous êtes vous déja demandé combien de Ressources Humaines il fallait derrière pour gérer tout ça ?

Sans faire le détail de tous les chiffres, cette vidéo (trés intéressante au demeurant) me ramène à une conclusion que j’avais déjà commencé à faire de mon coté: en social média, EXIT le ROI. Cette notion étant à la fois trop “bénéfique” au social média, et trop peu bénéfique à la compréhension des implications étendues de ces nouveaux outils.

A mon sens, le “meilleur équivalent” de ratio pour le social média se rapprocherait d’un “RoE“, le Return On Equity. Un ratio qui, à aujourd’hui, est plus souvent utilisé dans des compagnies “financières”, souvent influencées par le Ratio de Cook et Bâle 2 (banques, fonds d’investissement…). Le RoE se composant comme ceci:

C’est un ratio qui permet notamment (dans la finance) d’apprécier la capacité à générer des “sur-profits” hors financement, c’est à dire sans avoir à augmenter sans cesse ses fonds propres pour prêter plus d’argent (respect de Bale 2) et augmenter mécaniquement ses profits, mais en créant de la valeur à partir de son portefeuille existant. Soit en améliorant les rendements des investissements, soit en développant des produits annexes (profitables mais non consommateur de fonds propres), soit en réussissant à réduire les Operating Expenses (OpEx) liées au Core Business (et donc augmenter le profit final).

Pourquoi un “RoE” pour les social média alors ? Car pour les social média, comme pour une Banque, ce n’est pas tant le coût et les profits (P/L approach) qui importe principalement. C’est aussi la possibilité d’améliorer l’efficacité de sa consommation de capital (approche par le Bilan), ou même de la réduire qui devient clé, comme nous l’a montré cette vidéo. Et c’est aussi une approche beaucoup plus holistique de l’entreprise qui apparait.

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Reprenons les deux Ration: ROI et ROE. Le ROI va me montrer, pour un investissement donné, sa rentabilité. Forcément, Twitter, Facebook, blog etc… pris un par un auront un ROI trés intéressant. Non pas forcément par le profit crée, mais surtout par le faible investissement exigé.

Mais cet investissement ne prend souvent pas en compte l’ensemble du changement induit (et donc des coûts) pour en arriver là: recrutement ou formation de profil spécifique, investissement structurel dans des outils adéquats (ordinateur, software de surveillance, etc…), développement de solutions internes (temps de ressources ré-affectées), accompagnement au changement, développement de nouveau reporting, nouvelle Balanced ScoreCard, (ré-)affectation de bonus ou prime sur des critères “social media”, mis au rencard (parfois) de personnes ne correspondant plus à la nouvelle culture d’entreprise…

Autant d’actions qui auront une influence globale sur l’organisation de l’entreprise, autant sur son compte de résultat que sur son bilan (pour parler en terme comptable). Et c’est sans compter aussi sur les bénéfices induits: réduction des frais de structure, réductions d’infrastructures lourdes, réduction d’investissements à moyen ou long terme… Autant de “retour” en cascade induits par un investissement dans le “Social Media”.

Et, à mon humble avis, le RoE est lui bien plus à même de permettre de saisir la complexité et l’ensemble de la chaine de “profit / loss” induit par les social média. Réduction de la taille d’un call-center (gràce à des channels twitters, facebook etc…), amélioration de la fluidité de production (notamment dans les services) par des “shared services” interne (Wiki, Twitter, blog…), réduction des déplacements gràce à l’amélioration et à l’augmentation des communications “informelles” (notamment dans une logique de business “retail network”), développement d’une capacité d’innovation forte (sans service de R&D installée) par la veille/partage constante…

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Chacun de ces éléments n’étant souvent pas pris en compte dans le ROI direct, mais pouvant résulter très logiquement de la mise en place de 2 ou 3 petits outils sans importance, sans gros budgets (et au ROI plus ou moins fort)… mais aux effets intenses et étendus sur l’organisation et sur l’entreprise. Et ces effets, le ROE est à même de les comprendre, puisqu’il ne prendra pas seulement en compte l’investissement en lui même (page Facebook, compte Twitter) mais bien l’ensemble des paramètres visibles (ou pas) qui impacte l’entreprise à moyen/long terme.

Une manière un peu plus “holistique”, compréhensive et surtout complète, de juger la rentabilité des Social Media. Enfin, c’est ce que je crois…

Mais au-delà de la simple logique de “ratio” de comparaison et d’appréciation, c’est aussi un modèle différent qui doit être pris en compte (le “share & mortar” comme je l’appelle). Avec son organisation différente et des ratios différents pour l’analyser…

Il n’est pas facile d’aborder un tel sujet en si peu de temps et sans savoir exactement quel sera le niveau de connaissance du public sur le sujet. Par ailleurs, le fait que ce thème puisse être perçu différemment que l’on soit annonceurVoir la définition de ce mot dans le Glossaire de Monetiweb ou éditeurVoir la définition de ce mot dans le Glossaire de Monetiweb ne simplifie pas non plus les choses. J’ai donc choisi de traiter le sujet sur 3 points distincts et successifs :

  1. Un service 2.0 est-t-il synonyme de gratuité pour l’internaute ?
  2. Comment alors valoriser le contenu et les audiences de ces services 2.0 ?
  3. Faut-il monétiser son service 2.0 pour se développer ou pour réussir ?

Le compte-rendu

Pour bien comprendre comment un site 2.0 peut trouver son modèle économique, je pense qu’il faut, tout d’abord, bien saisir les évolutions qu’Internet a connu ces dernières années en termes d’expérience utilisateur, d’enjeux et de dynamisme. Avec l’arrivée de la tendance Web2.0, c’est tout un ensemble de nouveaux comportements et d’usages qui se sont développés sur Internet. Les internautes sont devenus petit à petit de réels contributeurs, le API ont permis une ouverture des sites Internet vers d’autres services et la création de Mash-up de données et de services ont apporté aux Internet de nouvelles possibilités d’appréhender le web. Le web est devenu également de plus en plus communautaire, social. Les services proposant une fonctionnalité bien précise se sont multipliés, etc. Bref, les usages ont changé, le nombre de services a augmenté exponentiellement et les modèles économiques ont donc dû s’adapter…

Bien qu’étant un site Internet avant tout, un service 2.0 doit trouver son modèle en gardant en tête que les internautes sont là pour tester, essayer, consommer des services. Généralement le service reste gratuit pour donner l’occasion aux utilisateurs de le tester : le modèle économique doit donc découler de cette gratuité…

On peut imaginer naturellement autant de modèles économiques que de services mais on peut essayer de les regrouper autour de 4 types principaux : la publicité, une offre Premium/Freemium, la place de marché et la monétisation de services connexes. Je détaille chacun de ces modèles dans mes slides que je vous invite à consulter ci-dessous.

Démarrant très souvent sur ses fonds propres, une jeune start-up essaye de tenir quelques mois sans forcément générer le moindre revenu permettant d’avancer. Rapidement pourtant, cette trésorerie va devenir nécessaire pour que le service puisse évoluer, se développer et que les équipes puissent communiquer sur le service. Avant de pouvoir essayer de lever des fonds et de trouver ainsi un investisseur, les fondateurs devront bâtir un solide business model montrant leur stratégie pour monétiser le service, tenir le coup et continuer de se développer avant enfin de pouvoir espérer lever des fonds. Ce modèle économique constitue donc un élément clé du développement d’un service 2.0 mais également un réel levier pour avancer et espérer passer à une étape supérieure de son évolution.

Enfin rappelons, qu’il n’y pas de solutions toute faite ni de manuel du parfait modèle économique. Chaque service doit trouver son modèle en s’inspirant de ce qui a été déjà fait, en mélangeant certaines solutions ou en inventant d’autres…

Je vous propose aujourd’hui un billet un peu technique, qui n’a rien à voir avec la cuisine mais qui répond à quelques interrogations soulevées ça et là concernant la monétisation des blogs. smiley
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Comme le sujet a l’air de passionner les foules, et comme ne rien dire alimente les rumeurs les plus folles, je vais essayer de vous transmettre mes connaissances sur ce sujet.

Juste avant d’attaquer la partie technique pure, je voulais indiquer que je ne traiterai pas de la question de savoir s’il est bien ou pas de gagner de l’argent avec son blog. Je pense que cela regarde chacun en son âme et conscience et je suis très partisan du chacun fait ce qu’il veut chez lui. Moi j’ai mis un an à me décider alors pensez bien que je comprends les pour, les contre et les indécis. Je trouve que tout est respectable dès l’instant que tout est clair! Comme je l’ai déjà expliqué, quand j’ai créé Papilles et Pupilles il y a 3 ans, nous n’étions qu’une poignée de blogs de cuisine et il ne nous serait jamais venu à l’idée que nous puissions gagner quoi que ce soit avec nos blogs.

Les temps ont changé ma bonne dame, tout bouge tellement vite ! C’est passionnant aussi pour cela de bloguer. Comme je ne vis pas d’amour et d’eau fraîche (d’amour si, mais cela ne nourrit pas la tribu Papilles), j’ai évolué petit à petit vers une monétisation de mon blog. Comme vous le savez, j’ai arrêté de travailler il y a quelques années pour pouvoir gérer les problèmes d’allergies des enfants. Maintenant qu’ils ont grandi, que cela s’arrange de ce côté là, je dispose de plus de temps à consacrer à mon blog. L’expérience acquise grâce à lui m’a ouvert de nouvelles voies qui n’ont rien à voir avec mon ancien métier. Depuis mars 2007, j’ai repris une activité professionnelle qui est la suite logique de mon expérience de blogueuse. Je produis du contenu éditorial pour différents sites, j’ai écrit un livre de recettes et qui sait de quoi demain sera fait.

Je trouve justement assez formidable de voir que les nouveaux media du net ouvrent aussi de nouveaux métiers et de nouvelles manières d’organiser sa vie professionnelle, ceci principalement pour nous les femmes, pour qui il n’est pas évident de trouver un équilibre entre vie familiale et vie professionnelle.

Mais revenons aux outils qui permettent de monétiser son blog (Pour ceux que la technique n’intéresse pas, je les renvoie au petit panneau information, que vous trouverez beaucoup plus bas).

Il faut bien distinguer :

  • ce que le blog peut ouvrir comme perspectives parce qu’il apporte une notoriété, une visibilité et des compétences. Car oui, on acquiert des compétences en tenant un blog notamment en matière d’écriture, de photo, de bidouille informatique, de connaissance de la blogosphère etc..
  • et ce que le blog peut directement générer comme ressources : c’est ce qu’on appelle la monétisation du blog

Quels sont donc les moyens de gagner de l’argent avec son blog ?

1 – Les droits d’auteurs : A ma connaissance, il n’y a qu’Overblog qui rémunère les blogueurs en droits d’auteurs en échange, si j’ai bien compris, d’un encart publicitaire sur leurs blogs. Comment cela fonctionne-t-il ? Combien cela rapporte-t-il ? Je n’en ai aucune idée. J’imagine que c’est lié à l’audience du blog mais c’est juste une supposition. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez approfondir la question en lisant leur contrat.

2 – Google Adsense : Ce sont les annonces que vous voyez à peu près partout :

Adsense

C ‘est l’offre de publicité Google. Il suffit de s’inscrire au programme , vous avez ensuite un code html à copier coller dans votre blog à l’endroit où vous souhaitez afficher la publicité et c’est tout !

La rémunération : Je crois que c’est payé au CPC, c’est à dire au coût par clic. Mais c’est assez complexe. En fait je n’ai pas tout capté. Il y a peut être aussi du CPM (coût par mille). N’espérez pas payer le montant de votre caddy.

3 – Blogbang : Blogbang est une régie publicitaire d’un nouveau genre. Elle permet aux blogueurs de choisir les publicités qu’ils souhaitent diffuser sur leurs blogs. Là aussi il suffit de s’inscrire et de copier un code html sur votre blog. Cela se présente comme ça :

Blogbang Blogbang

Vous choisissez le nombre d’annonces que vous souhaitez diffuser. Combien ça rapporte ? Moins que rien chez moi, mais il parait que je suis un cas à part. En fait cela peut me payer chaque mois une adhésion à l’association Face au Monde.

4 – Les régies publicitaires : Ce sont des entreprises qui sont chargées de commercialiser des espaces publicitaires sur les blogs, comme elles le font déjà sur d’autres supports media : journaux, magazines, radio, TV, … Sur Papilles et Pupilles, il y a un espace dédié depuis septembre 2007, le pavé carré qui contient actuellement un encart Google Adsense. C’est le moyen le plus rémunérateur que je connaisse mais ne croyez pas que cela constitue un salaire, même celui de ma baby sitter qui ne vient que quelques heures par mois. Ce n’est pas que je ne voudrais pas, c’est tout simplement qu’il n’y a pas d’annonceurs !

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Effectivement, voyez-vous souvent de la pub pour des marques dans cet encart sur mon blog ? Non, pas très souvent et c’est tout simplement parce que les annonceurs ne trouvent pas les blogs de cuisine passionnants ! Autant les blogs de filles ont une image glamour et drainent de nombreux annonceurs, autant les blogs cuisines, eux, ne séduisent pas, ou du moins pas encore !! En fait je crois qu’ils nous considèrent comme des mémères passionnées par leurs casseroles, appartenant plutôt à la famille Groseille et n’étant pas fashion … C’est un peu vexant en fait. smileyJe vous raconte cela parce que quand j’ai lu dernièrement que les marques paieraient les blogueurs de cuisine pour être citées sur des blogs, cela m’a fait sourire. On est bien loin de la réalité, enfin de MA réalité.

5 – Les billets sponsorisés : C’est une nouvelle forme de publicité qui est apparue dernièrement sur les blogs. Une régie publicitaire vous propose moyennant espèces sonnantes et trébuchantes de rédiger un article sur un produit. Il y en a un sur Papilles et Pupilles, il est . Je trouve qu’à partir du moment où le lecteur est informé, que le produit me plait pour des raisons x ou y, et que je n’en fais pas toutes les semaines, il n’y a pas à crier au loup. (hou hou).

6 – L’affiliation : C’est un système qui vous permet de toucher un pourcentage sur les ventes générées via votre blog. En général il faut mettre des bannières sur votre blog pour relayer une marque. Moi je n’aime pas mettre des bannières, je n’aime pas les trucs qui clignotent. Mais encore une fois, chacun fait ce qu’il veut chez lui.

7 – Les boutiques en ligne : C’est un peu comme de l’affiliation. Vous choisissez des produits qui vous plaisent et s’ils sont vendus via votre e-boutique, vous touchez un pourcentage. Vous pouvez en faire une avec Amazon par exemple (cela me rapporte de quoi acheter quelques livres par an) ou avec zlio.

8 – Concernant les partenariats avec les marques, j’en ai parlé ici, je ne vois pas ce que je peux rajouter de plus. Même si je suis sollicitée de temps et temps, ne croyez pas que les marques me (nous) supplient ! Ne m’ (nous) attribuez pas une importance que nous n’avons pas. Même si les blogs de cuisine ont un certain succès, interrogez votre famille, vos amis, nombreux sont ceux qui pensent encore que les blogs ne sont que des sites d’adolescents montrant leur piercings ! smiley

A ceci il faut ajouter que de plus en plus de blogs connaissent le succès et donc, pour ma part, je reçois plutôt moins de sollicitations qu’avant, et c’est très bien ainsi. Je n’ai pas vocation à avoir des dizaines d’assiettes dépareillés, à stocker des épices ou à revendre des produits d’occasion sur eBay. C’est très flatteur la première fois. Je me suis pris pour la reine du monde mais, je me suis passée la tête sous l’eau froide pour mieux redescendre sur terre. smiley

Il va sans dire, mais je le dis quand même, que je donne mon avis sur les produits que j’accepte de recevoir. En fait ma politique est la suivante, si c’est bon j’en parle en disant que le produit m’a été offert et si je n’aime pas je n’en parle pas. Je ne pense pas que les lecteurs de Papilles et Pupilles soient des lapins crétins ! Point barre !

Et si vous souhaitez aller encore plus loin, il existe même des agences de buzz (vous les trouverez en cherchant sur Google) qui vous proposent de vous envoyer des produits pour que vous en parliez. Moi ce n’est pas mon truc. Je me suis inscrite pour voir ce que c’était et that’s it !

information Le débat actuel déjà en cours sur différents blogs est lié au fait que nous sommes à mon avis en train de vivre une mutation profonde. Aujourd’hui la blogosphère se professionnalise. Tenir un blog de manière régulière représente une vraie charge de travail, des heures passées à rédiger, chercher, réaliser des recettes, photographier, répondre aux mails, je ne me plains pas c’est ma passion mais cela représente beaucoup de temps …. Et donc qui dit professionnalisation dit salaire. Mais clairement, en ce qui me concerne, je ne vis pas de la monétisation de mon blog mais grâce aux piges. Mais je n’aurais jamais pu démarrer en tant que pigiste si Papilles et Pupilles n’avait pas existé.

Le plus important pour moi, c’est l’éthique, la néthique dirait Natacha QS. Les règles du jeu ne doivent pas être floues, obscures, cachées.

C’est donc pourquoi je tenais à préciser à nouveau ma pensée, à la fois pour que chacun puisse bien comprendre mon mode de fonctionnement et à la la fois pour informer sur ces nouvelles pratiques. Me retrouvant parmi les blogueuses les plus anciennes, je pense qu’il est important de transmettre mes connaissances. Je trouve que c’est l’essence même du blogging que de partager des expériences.

En conclusion, le dialogue entre vous et moi, le respect mutuel et la confiance sont primordiaux. Ici, même à travers des recettes, il m’arrive d’exprimer un point de vue, une opinion, une expérience et chacun nourrit le débat via les commentaires. Sans chercher bien loin, le billet sur les noix de lavage indiennes ou celui sur Comment choisir un bon melon ? en sont pour moi de très bon exemples. J’apprends beaucoup des lecteurs de Papilles et Pupilles, j’espère tout simplement que je vous apporte moi aussi des petites choses pour le quotidien, des trucs ou astuces, … car n’oublions pas, un blog de cuisine c’est avant tout le plaisir du partage, c’est même juste ça.

La monétisation des blogs – 1 an après

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Désolée de proposer un article qui intéressera surtout les lecteurs blogueurs mais il m’a semblé important de l’écrire. Il y a un peu plus d’un an, j’avais publié un article qui s’intitulait la monétisation des blogs où j’essayais de résumer un peu le résultat de mes différentes lectures. Je n’ai pas l’impression que les choses aient beaucoup changé depuis, je n’ai en tout cas rien vu/lu de révolutionnaire à ce sujet excepté des prix gravement tirés vers le bas. Pourquoi alors revenir sur ce thème s’il n’y a pas grand chose de neuf ? Tout simplement pour vous dire où j’en suis et ce que j’ai choisi. Je trouve qu’il est important d’être transparent.

Je fais toujours le pari d’essayer de vivre grâce à mon blog. Enfin, je dois reconnaître que pour l’instant c’est encore Mr Papilles qui fait bouillir la majeure partie de la marmite familiale mais j’arrive maintenant à payer un peu peu plus que les vacances. Cela n’était évidemment pas prévu au départ (il y a plus de 4 ans) mais les propositions sont arrivées et j’ai pris le parti de tenter l’aventure. J’imagine que vous vous demandez comment j’arrive à gagner quelques sous avec P&P ? Je vais essayer d’être la plus complète possible dans mes réponses :

1 – Mon blog m’amène du travail sous forme de demandes d’écriture de recettes simples pour le quotidien pour différents sites webs (piges), d’aide pour l’animation de jeux, plus récemment, de demandes de droit à l’image, etc. Les offres sont très variées en fait. Cela représente la majeure partie de mes revenus. Concrètement, cela se passe toujours de la même façon : un mail arrive sur ma boite aux lettres, on s’appelle, on discute sur le projet, on piapiate sur les conditions et zou, on y va ou pas. Il faut savoir que les conditions sont de plus en plus précaires. Je vous encourage d’ailleurs vivement à lire à ce sujet l’excellent article de Carole (Altergusto) sur la vente au rabais des recettes et des photos. On comprend mieux après pourquoi des entreprises telles l’Agence Gamma déposent leur bilan (merci Déborah).

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2 – L’autre partie provient de la monétisation pure de ce blog. J’essaie de la rendre la moins intrusive possible. Qu’ai-je choisi comme solutions ?

  • Depuis janvier 2009 je fais confiance à Auféminin.com pour la commercialisation de l’espace pub de ce blog (le pavé en haut à droite). Il y a d’ailleurs très peu d’annonces depuis le début de l’année, il parait que les temps sont durs. A la signature du contrat, j’ai exclu certains annonceurs type régime ou malbouffe. Quand il n’y a pas d’annonceur, à la place, j’ai un pavé d’annonces Google Adsense. (rapport : quasiment le néant).
  • J’écris aussi de temps en temps des billets sponsorisés. Pour ceux qui ne le sauraient pas, un billet sponsorisé est un billet que l’annonceur vous paie pour écrire. Je lis ça et là beaucoup de choses sur ces articles, comme quoi ils seraient la lie de la monétisation, la honte du blogueur et patati et patata. J’ai pas mal réfléchi sur la question et si j’ai choisi cette solution, c’est parce que je trouve qu’il est plus honnête de faire un billet sponsorisé de temps en temps, identifié comme tel (la mention billet sponsorisé est obligatoire), plutôt que de vous orienter avec des liens vers des sites marchands où je toucherais un pourcentage sur les ventes générées par mon blog, ou de polluer les colonnes de P&P avec des bannières ou des logos divers et variés. Je ne juge pas les gens qui ont choisi des solutions différentes, chacun faisant exactement ce qu’il veut chez lui, je vous explique juste pourquoi moi j’ai choisi depuis quelques mois celle là. Le vrai problème est pour moi quand ils ne sont pas identifiables.

    Comment cela fonctionne ? On me propose de parler de tel ou tel produit ou service et moi j’accepte ou non. Si le produit ou service ne me plait pas, je ne fais pas, je ne suis pas maso. Cela fonctionne à double sens. L’annonceur vous choisit mais vous êtes tout à fait libre d’accepter ou de refuser. J’ai par exemple refusé d’écrire un article pour une marque de chocolat ou pour une de café parce que je n’avais strictement rien à dire.

    Combien cela rapporte : De quelques dizaines d’euros à plusieurs centaines suivant votre notoriété, vos visites et si c’est l’annonceur qui vous choisit ou l’inverse.

  • Je mets également de temps en temps, également au niveau du pavé pub, des vidéos via ebuzzing ou blogbang. Chaque visualisation (quand vous cliquez) rapporte entre 2 et 3 centimes d’euro. (plutôt 2 que 3 d’ailleurs)
  • J’ai une e-boutique Amazon où je fais part le plus régulièrement possible de mes coups de coeurs es livres de cuisine. Quand vous commandez via l’e-boutique je touche 5% des ventes traduits en bons d’achats Amazon.

3 – Et les partenariats ?

Kitchenaid Luminarc

Je n’ai pas de partenariat particulier avec les marques excepté celles indiquées ici, et ce depuis quasiment le début de mon blog. Concernant Luminarc, cela consiste en l’envoi d’un carton de vaisselle dans l’année. Ceci me permet de renouveler mes présentations. KitchenAid m’a prêté un robot lorsque j’ai écrit mon livre sur le pain et j’ai depuis plus d’un an un four en test.

Depuis quelques mois je refuse quasi systématiquement les propositions de partenariats car cela créée bien entendu des obligations (si vous acceptez de recevoir un produit, on s’attend à ce que vous en parliez) et les obligations, concrètement parlant, cela m’enquiquine. Mon blog doit rester un plaisir, c’est pour cela que je l’ai créé et cela reste la règle numéro 1, même si c’est devenu mon job. Je préfère accepter ponctuellement un test produit, une opé marrante (comme pour Vaio où je me suis amusée), de participer à un atelier culinaire (mais là aussi, je choisis), que ce genre de choses. Il est bien évident que comme toujours, et comme tout le monde, je continue d’être curieuse, d’acheter mon épicerie fine, de me promener et de parler GRATUITEMENT des choses qui me plaisent ou ne me plaisent pas d’ailleurs !



L’avènement des médias sociaux pose la question de leur monétisation. Dans une ère du tout gratuit, il existe pourtant des pistes pour éduquer sa communauté à ce que tout ou partie du service soit payant.

Les médias sociaux occupent désormais une place importante chez les internautes. Récemment, une étude montrait que 22 millions d’internautes français ont visité au moins un réseau social en décembre 2008, soit 64 % de la population internaute totale du pays [1]. Véritable phénomène, la question de leur monétisation est pourtant loin d’être résolue, et fait l’objet de nombreux débats [2]. Il y a cela dit quelques inconnues qui peuvent être levées.

La première mettra probablement tout le monde d’accord : personne ne vit d’amour et d’eau fraiche, et encore moins par les temps qui courent ! Aussi évidente cette assertion puisse paraître, il est bon de le rappeler, en particulier aux internautes. Tout service a un coût de production, et il est bien nécessaire à un moment donné que quelqu’un mette la main au portefeuille.

Certes, pendant des années de croissance la publicité en ligne a entretenu l’illusion que l’on pourrait rentabiliser n’importe quel service communautaire sans solliciter l’internaute. Mais générer des revenus publicitaires conséquents nécessite une audience et un contenu qualifiés, ce qu’il n’est pas évident de concilier avec un contenu généré par les utilisateurs, souvent le propre des médias sociaux. Il faut donc bien désormais se rendre à l’évidence qu’il ne s’agit pas d’une solution universelle pour tous les services communautaires.

Cette illusion a un autre travers : faire croire aux internautes que tout est gratuit sur Internet. L’éternelle idée qu’une fois payé l’abonnement Internet, il n’y a plus rien à payer. Il s’agit là d’un véritable cercle vicieux : les internautes apprécient la gratuité, poussant les services Web vers d’autres modèles comme la publicité, renforçant ainsi les habitudes des Internautes.

Oui, on peut faire payer les internautes !
Voilà une seconde évidence : les plus à même d’apprécier la valeur ajoutée apportée par un média social sont ses utilisateurs, à savoir la communauté. Le service étant conçu à leur attention, n’est-il pas légitime qu’ils soient les premiers sollicités ? Certes, l’idée répandue du tout-gratuit mène la vie dure aux entrepreneurs s’engageant dans cette voie, mais fort heureusement elle n’est pas impossible.

La première étape, probablement la plus importante, consiste donc à écarter cette idée de gratuité,  en éduquant la communauté à ce que tout ou partie du service soit payant. Il s’agit là pour la société d’être transparente et honnête avec sa communauté : oui, l’objectif est de construire un service rentable, et surtout pérenne. S’impliquer dans une communauté d’un média social représente un véritable investissement en temps, et si le produit est de qualité et plait, n’importe quel utilisateur (en particulier les professionnels) souhaite que le service vive et évolue le plus longtemps possible.

Cependant, ce travail d’éducation doit être entrepris très tôt dans la vie du service. La communauté est alors réduite, et il est plus facile de convaincre ses leaders d’opinions, qui deviendront eux mêmes des évangélisateurs par la suite auprès des nouveaux utilisateurs. Plus le temps passe, plus l’exercice est périlleux. Les règles du jeu doivent être posées dès le début.

Passé cet obstacle, le reste n’est qu’affaire de marketing. Identifier les plus fortes valeurs ajoutées du service. Les rendre incontournables de façon récurrente. À défaut qu’ils soient uniques au service, qu’ils proposent une plus grande valeur ajoutée que la concurrence.

En termes de modèle économique, si l’abonnement reste une valeur sûre, les biens virtuels sont désormais une source de monétisation en plein essor. Bien qu’initialement présent dans les jeux en ligne, ce modèle s’étend désormais à bien d’autres domaines. En témoigne le succès incroyable de Tencent QQ, la messagerie instantanée chinoise générant plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires, dont 65% à travers la vente de biens virtuels.

Pourquoi des internautes paieraient de leur argent réel, durement gagné, pour des biens purement virtuels ? C’est la question que posait Susan Wu lors de la dernière conférence Le Web au cours de sa présentation sur les « Virtual Goods Makes real Money » [3] . Plusieurs motivations sont constatées: la passion et l’enthousiasme de l’utilisateur (pour l’objet en lui-même et la visibilité qu’il peut offrir aux vues des autres), le gain en temps qu’il peut procurer (réduction de l’investissement en temps évoqué précédemment), pour l’expérience utilisateur améliorée qu’il procure (fonctionnalités supplémentaires) ou encore la volonté d’entreprendre (optique de création de valeur virtuelle, en vue d’un gain futur – virtuel ou réel).

Pour vendre ces biens virtuels, de nombreuses solutions de paiement sont alors disponibles. Plébiscité par les jeunes, le paiement par SMS s’inscrit parfaitement dans ce type de modèle économique. Les initiatives comme Internet+ (micro-facturation par le fournisseur d’accès) ou les cartes prépayées sont aussi pertinentes. En ajoutant à cela le paiement en ligne par carte bancaire, et les modèles bien établis comme l’Audiotel, un éditeur européen dispose de toutes les solutions nécessaires pour mettre en oeuvre un modèle de biens virtuels.

La monétisation des médias sociaux n’est pas plus difficile en soi que d’autres services Web, pour peu que l’on ne rentre pas dans le cercle vicieux de la gratuité. La France a réussi bien avant l’heure avec des technologies comme le Minitel à mettre en oeuvre des services télématiques payants et à le faire accepter des utilisateurs. Cette culture ne doit pas se perdre; le Web communautaire a tout à gagner à voir coexister différents modèles économiques permettant d’assurer sa viabilité. Les biens virtuels en sont un sur lequel il faudra compter dans les années à venir.

[1] Comscore, février 2009
[2] http://abovethecrowd.com/2009/03/09/how-to-monetize-a-social-network-myspace-and-facebook-should-follow-tencent/
[3] http://www.ustream.tv/recorded/930724

Le ROI des médias sociaux? Blendtec multiplie ses ventes par 7!

Quand il s’agit d’Internet et de médias sociaux, la question du ROI revient souvent, surtout lorsqu’on s’adresse à des responsables marketing, parfois moins intéressés par les concepts de notoriété ou de référencement, que par un impact direct sur les ventes.

A ce titre, la série d’articles que propose GasPedal au sujet du cas Blendtec mérite une attention particulière. Est-il besoin de rappeler qui est Blendtec? Ce sombre fabricant de mixers (blenders) s’est illustré, il y a environ deux ans, avec une série de courtes vidéos hilarantes, censées illustrées la puissance des produits Blendtec en broyant et mixant des objets aussi disparates que de la pâte à modeler, des balles de golf, une caméra vidéo (qui filme sa propre mort…) ou … un iPhone.

image from www.blendtec.com

Le tout, bien entendu, étant construit de manière intelligente, avec un slogan astucieux (Will It Blend? Est-ce que ça va mixer?) un blog associé, et une diffusion via YouTube, permettant de profiter d’un effet viral maximum grâce à la possibilité de reprendre ces vidéos sur son propre blog (comme celle diffusée à la fin de cet article).

Bien sûr, le succès a été foudroyant, et Blendtec l’a expliqué à GasPedal, qui fournit des statistiques intéressantes:

Quel est le secret derrière une telle réussite? Une campagne menée avec des moyens rudimentaires, mais une réelle intelligence des médias sociaux: plutôt que de tout reconstruire eux-mêmes, les gens de Blendtec se sont appuyés sur les outils qui allaient favoriser une fulgurante expansion.

Autre point à méditer, tout est parti … de la poussière du bureau d’études. George Wright, VP Sales & Marketing récemment arrivé chez Blendtec, fut surpris de la poussière qui recouvrait le sol du bureau d’études. Lorsqu’on lui expliqua l’origine de cette poussière, produite par les tests réalisés par la PME, et qu’il se rendit compte de l’enthousiasme que ces tests suscitaient au sein de l’équipe qui les menait, il eut l’idée géniale de considérer que cet enthousiasme, produit par la variété des tests réalisés, pourrait bien être viral. Le reste appartient à l’histoire…